Quatre jours à Beyrouth, ville nouvelle

01Mar10

Philippe Viguie-Desplaces ecrit dans Le Figaro
Un nouveau musée d’art contemporain, le Beyrouth Art Center, vient de voir le jour dans la capitale libanaise, qui renoue avec le tourisme. Loin des clichés voici en quelques incontournables les musts de cette destination en plein devenir.

Jeudi
16h. L’avion de la Middle East Airlines qui opère la liaison Paris / Beyrouth en quatre heures avec Air France descend doucement à la verticale de la célèbre corniche de la capitale libanaise. Hérissée de buildings plantés en bord de mer Beyrouth semble au garde à vous !

17h. De gagner la capitale prend une dizaine de minutes au taxi. L’autoroute traverse Beyrouth sud (20€) et le chauffeur signale d’un regard le camp de Sabra et Chatila. Puis c’est l’entrée dans ce centre ville grouillant, agité ou les églises jouxtent les mosquées. A quoi ressemble la rue libanaise du centre ville ? Une Porsche décapotable que conduit un ado tendance, une limousine aux vitres opaques d’où s’extraient un émir cerné de gardes du corps, un vieux car brinquebalant sans fenêtres couverts de drapeau palestiniens… des jeunes filles moulées dans des tee-shirts customisés croisent des femmes voilées… Tout cela se mue dans une ville sous haute surveillance militaire.

17h15. L’hôtel Le Gray a ouvert ses portes il y a un mois sur la place des Martyrs, à côté de la Mosquée Al Amine et du Virgin mégastore. Œuvre commune de l’architecte australien Kevin Dash et de la styliste anglaise Merry Fax Linton, ce « Small Leading Hôtel of the Word », très zen et épuré est une référence en matière de bon goût au Moyen Orient. Sur son toit une vraie curiosité : la piscine à débordement donne l’impression de se baigner dans le vide au dessus d’une des plus belles vues sur Beyrouth, ses montagnes et la mer. Au sous-sol un SPA luxueux. L’hôtel possède encore deux restaurants et un cigare lounge. Atout précieux : Le personnel entièrement francophone s’occupe de tout pour vous organiser dans une ville qui ne dispose pas de bureau de tourisme. http://www.legray.com

19h. La nuit tombe. Dîner au restaurant de l’hôtel sur la terrasse du dernier étage. La cuisine est internationale mais le vin libanais, de la plaine de la Bekaa. Cerise sur le gâteau, un sorbet à l’eau de rose servi sur un tapis de loukoums. Il faut compter environ 30€ par pers.

Vendredi

10h. Départ de l’hôtel pour Byblos. La citée mythique des phéniciens, une des plus anciennes villes au monde, est l’excursion à faire. Après une heure de route le long de la mer en taxi (20€. Byblos taxi : 09.94.94.94.94.) On arrive dans ce petit Saint-Tropez libanais avec son port de poupée et sa vieille cité lovée autour d’une forteresse à demi ruinée. Le site est une splendeur détachant sur le bleu azuréen ses énormes pierres blondes rangées comme un Légo. Bonne adresse : Eddé Sands, une plage mythique, véritable complexe de détente à l’oriental avec restaurants, piscine et pagode de plage. (A partir de 30€). L’excursion à Byblos occupe une bonne journée entre shopping, visite de la forteresse, promenade le long de la mer et farniente.

18h. Retour à l’hôtel le Gray et petit moment de détente au SPA.

20h. Dîner au nouveau restaurant italien de l’Hôtel Albergo, un Relais et Châteaux situé dans le quartier Chrétien à une dizaine de minutes de la place des Martyrs. Décor tendance et clientèle jeune et branchée pour cette table située au rez-de-chaussée. Un restaurant plus gastronomique se trouve au dernier étage, jouissant d’une vue superbe. On dîne assis sur des sofas dans un décor très oriental. http://www.albergobeirut.com Dans la brasserie il faut compter environ 30€ mais dans le gastronomique l’addition peut monter jusqu’à 50€.

Samedi

10h. Petit marché bio sur la place de Virgin mégastore. Chaque communauté vient avec ses produits, son savoir-faire et ses traditions. C’est une fête des couleurs qui met les sens en dessus dessous et qu’adorent les touristes autant que les libanais. L’occasion aussi de découvrir « Saifi Village », un nouveau quartier de Beyrouth construit à proximité de l’ancienne ligne de démarcation entre l’Est et l’Ouest dans un style de village-médina… très luxueux. C’est là qu’on trouve les boutiques de créateurs dominés par la figure emblématique de Nada Debs. La styliste libanaise réfugiée à Londres durant la guerre a investi deux des plus belles boutiques design et présente ses créations. Sur la place des Boules, au cœur de Safi Village on trouve Balima, un café branché à la terrasse duquel il est tendance de prendre un verre.

12h. Les puces de Basta. Au cœur du quartier musulman sunnite que l’on peut parcourir en toute sécurité sous réserve d’être correcte et de ne pas photographier les gens. Les rues entières sont bordées de boutiques où foisonnent des objets d’art, du mobilier, des tissus et des antiquités… le quartier est pauvre et très authentique. Les prix doivent faire l’objet d’une négociation serrée d’autant plus facile que les libanais sont parfaitement francophones.

13h. Déjeuner A Tawlet, un nouveau restaurant ouvert il y a quelques jours dans un ancien garage situé au beau milieu d’un des quartiers les plus bobos de la ville dont il porte le nom, côté chrétien. La nourriture est bio et chaque jour des recettes libanaises différentes. La clientèle est dominée par les trentenaires qui ont réussi, ou en donne l’impression, à majorité féminine et ultra chic malgré un prix modéré autour de 25€.

15h. Musée National. Il est situé près de l’ambassade de France et tout ce qu’on y voit provient de fouilles archéologiques. Des merveilles protégées durant toute la guerre par des fortifications en béton. Aujourd’hui à nouveau normalement exposé les chefs d’œuvres sont légions à l’exemple du sarcophage d’Ahiram, un roi de Byblos, qui comporte une phrase en alphabet phénicien, considéré comme l’une des plus vieilles inscriptions au monde. (10e siècle avant J-C). Au premier étage des bijoux et des objets d’arts des rois de Byblos. La petite boutique de souvenirs est à visiter car il n’en existe pas d’autres à Beyrouth.

17h. Beyrouth Art Center. Non loin du musée National, le BAC a ouvert ses portes en juin dernier dans une ancienne usine (Très beau volume à la Le Corbusier) et fait office de musée d’art contemporain. Mais l’initiative est privée car au Liban l’Etat s’est désengagé de la culture. Il y a au rez-de chaussée des expositions temporaires et à l’étage deux bornes informatisées qui référencent tous les artistes engagés dans l’Art Contemporain au Moyen-Orient avec fiches biographiques et monographies. C’est très intéressant.

22h. Gemmayzé. C’est le nom d’une rue qui prend sur la place des Martyrs côté Beyrouth Chrétien, véritable épine dorsale du quartier branché ou se fait la vie nocturne. Les beyrouthins, toutes communautés confondues, s’y mélangent dans une ambiance festive très arrosée. Il y a des restaurants et des bars au touche-touche. Le Georges est au début de la rue une très bonne table et le bar El Gardel à la fin de la rue réputée pour ses soirées tango. Dans la rue Monod, voisine, on trouve les boites de nuits estudiantines.

Dimanche

10h. Avant de quitter l’hôtel Le Gray, vous disposez de 3 bonnes heures pour visiter le centre alentour. Beyrouth regroupe au moins 17 communautés différentes dont chacune dispose plus ou moins de son quartier. Le centre ville a pour vocation de les mélanger ce qui lui donne une couleur particulière. Davantage qu’un quartier c’est un manifeste politique dont la reconstruction est très symbolique. Dans un petit périmètre on trouve 10 églises, 6 mosquées dont celle monumentale d’Al Amine, édifiée par l’ancien premier ministre assassiné Rafic Hariri, et 1 synagogue. Dans le quartier dit du « mandat français » on a reconstruit la rue Foch avec ses nombreux restaurants équipés noyés dans les brumes de narguilé. A voir encore le Grand Sérail où siège le gouvernement. Enfin ne pas manquer les souks modernes qui n’ont rien à voir avec ce que l’on imagine. Ici seule l’architecture est orientale car les marchands s’appellent Zara, H et M, Marlboro Classics etc….

16h. Décollage de Beyrouth pour un vol retour de 4h30. Attention aux contrôles de sécurité ! S’y ajoutent ici un supplémentaire, juste pour pénétrer dans l’aérogare !

Pratique

Un forfait 4 jours et 3 nuits incluant Le Gray + vols + transferts est proposé par l’agence AYA à partir de 1153€. Tel. : 01.42.68.68.06. A Paris l’office de Tourisme du Liban est ouvert au public au 124, fg Saint-Honoré. (8e) Tel. : 01.43.59.10.36.

Notre avis

Il faut aller dans ce pays francophone accueillant et multi culturels. On s’habitue vite aux mesures de sécurités volontairement très visibles et on se laisse gagner par ce mélange d’Orient et d’Occident sur l’un des rivages les plus attachants de la méditerranée.



One Response to “Quatre jours à Beyrouth, ville nouvelle”

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